L’IFOP met en ligne les résultats d’une enquête sur les Français et la croyance religieuse.
Le nombre de Français qui croient en Dieu, s’il est inférieur à celui trouvé en 1947 (66% de personnes disant croire en Dieu), s’est stabilisé: 55% en 2004, 56% en 2011 selon ce sondage (ce chiffre est proche des résultats du sondage IPSOS/Reuters publié ces jours-ci, j’en reparlerai). Lire la suite
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Opinions françaises et allemandes sur l’islam
L’Ifop met en ligne les résultats d’une enquête réalisée pour Le Monde du 3 au 9 décembre, sur les regards portés sur l’islam en France et en Allemagne.
Constat, il faut le dire, plutôt négatif: 42% des interviewés en France, et 40% en Allemagne, jugent que la présence d’une communauté musulmane est plutôt une menace pour l’identité de leur pays. Ils ne sont que 22% en France et 24% en Allemagne à l’envisager comme "un facteur d’enrichissement culturel" – dans les deux pays, cependant, un tiers des interviewés (36%), reste indifférent: ni l’un, ni l’autre. Notons, sans grande surprise, que les interviewés proches de la gauche, dans les deux pays, ont un regard moins pessimiste. L’opinion des 18-24 ans est la plus tranchée: en France, 28% voient l’islam comme une menace contre 42% en général, et 37% comme un enrichissement (contre 22%); en Allemagne, par contre, il sont 47% à y voir une menace (40%) mais 21% un enrichissement (24%). Les plus de 65 ans sont en France globalement plus indifférent, en Allemagne plus positif.
75% des Allemands, et 68% des Français, considèrent que les musulmans et les personnes d’origine musulmane "ne sont pas bien intégrées dans la société", et que cela est dû à un refus de ces personnes de s’intégrer à la société (61% en France et 67% en Allemagne), ainsi qu’à de trop fortes différences culturelles (40% de Français et 34% d’Allemands).
C’est donc de culture et d’identité qu’il s’agit. En termes d’identité, l’islam, il faut le dire, a mauvaise presse dans les deux pays: il est associé surtout au rejet des valeurs occidentales (31% et 34%), au fanatisme (18 et 24%), et à la soumission (17 et 14%), mais ni à la justice (3 et 5% seulement), ni à la liberté (2%), ni à la démocratie (1%).
Comme le disent les auteurs de l’enquête, "la visibilité accrue de l’Islam agite le débat public". Débat public, on voit ce qu’ils veulent dire, mais le terme n’est pas vraiment adapté: encore faudrait-il qu’il y ait vraiment débat, c’est-à-dire échange de points de vue… Quant à la construction de mosquées, les réponses sont assez proches des résultats de l’enquête de 2009: 20% des Français y sont favorables, 39% opposés, 34% indifférents – en 2009, 19, 41 et 36%. Le chiffre qui diffère le plus concerne le nombre de ceux qui ne se prononcent pas (qui sont ici distingués des indifférents): 4% en 2009, 7% en 2010. Il y a donc surtout, il semble, de plus en plus de personnes qui ne veulent pas parler!
Heureusement qu’on trouve une note un peu différente dans ces résultats: 52% des Français ne sont pas hostiles à l’idée d’avoir un maire d’origine musulmane. Mais la formulation me fait râler: là on évoque un maire "d’origine musulmane", ailleurs les questions portent sur l’intégration des musulmans "et des personnes d’origine musulmane". N’y a-t-il aucune différence entre être musulman et venir d’un pays musulman (ou être né dans une famille musulmane, ou encore avoir été un jour musulman, je ne sais pas comment on peut comprendre "origine musulmane" d’ailleurs)? Il serait quand même temps, il me semble, qu’on tente de dire clairement ce qu’on étudie dans ce type d’enquêtes. S’il s’agit de religion, alors on parle de musulmans, c’est tout; on n’entend pas parler par exemple de "catholiques et personnes d’origine catholique". Ce type de formulation, il me semble, reflète une confusion entre appartenance religieuse et origine (géographique ou ethnique) que je trouve gênante.
Pourrait-on souhaiter, pour 2011, qu’on arrive à progresser dans la définition de l’appartenance religieuse?
Les catholiques en France en 2010
L’IFOP vient de publier une analyse, à partir de données cumulées d’enquêtes réalisées sur la période 2005-2010 et d’enquêtes historiques, sur les catholiques en France en 2010.
Que le poids du catholicisme en France ait constamment diminué des années 50 à nos jours, avec une baisse plus sensible à partir des années 70, n’est pas une nouvelle. Il est plus intéressant de noter que la diminution la plus importante est celle de la pratique religieuse, plus que de l’appartenance: les "messalisants" (ceux qui déclarent aller régulièrement à la messe) sont passés de 27 à 4,5% de la population entre 1952 et 2006. Reste cependant que les 2/3 des Français se déclarent encore catholiques.
Sur les 5 dernières années, on constate que c’est principalement le nombre de personnes sans religions qui augmente (+7), en proportion de la diminution du nombre des catholiques (-11 points); la part des protestants augmente de 2 points, celle des autres religions dont l’islam également).
Sur la composition sociodémographique des catholiques, rien de nouveau non plus par rapport aux précédentes analyses publiées par l’IFOP. C’est sur la répartition géographique des catholiques pratiquants que l’on découvre un élément nouveau: l’ouest de la région parisienne (Val d’Oise, Yvelines et départements de l’ouest parisien) constitue une zone de force du catholicisme actif.
Enfin, politiquement, les catholiques sont dans l’ensemble plus proches des partis de droite que l’ensemble des Français (30,6% pourl’UMP contre 25,1% en moyenne); cela est encore plus marqué pour les catholiques pratiquants. La cote de Nicolas Sarkozy a cependant diminué auprès des catholiques, notamment des pratiquants, au cours de l’année écoulée.
L’analyse complète est disponible en pdf sur le site d’ l’IFOP.
Le lundi de Pentecôte
IFOP met en ligne les résultats d’une enquête sur les salariés et le lundi de Pentecôte.
L’enquête n’aborde pas la dimension religieuse de la question; il a seulement été demandé aux interviewés s’ils allaient travailler ou non lundi 24 mai, et pas leur opinion sur ce jour férié. On constate seulement que 20% des interviewés ont répondu oui, contre 44% en mai 2004 (télécharger les résultats de l’étude).
Les Européens et le christianisme
L’IFOP publie les résultats d’une enquête menée en France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie et Espagne, sur les Européens et le christianisme.
Cette enquête IFOP pour La Croix, menée du 11-19 mars 2010, a porté notamment sur la capacité du christianisme à s‘adresser aux jeunes générations, sur l’idée que "toutes les religions se valent" (ils sont 62% de Français à le penser, contre 44% en Allemagne et 34% en Grande-Bretagne), sur les priorités des Eglises chrétiennes au 21e siècle, enfin sur le rôle que les valeurs chrétiennes peuvent jouer dans la société française aujourd’hui. Là, ils sont 57% en Espagne, et 53% en France à penser que c’est dans le domaine de la solidarité, 52% en Allemagne et 45% en Italie pour considérer que c’est dans le domaine du dialogue interreligieux, tandis qu’en Grande-Bretagne 44% considèrent que c’est dans le domaine de la famille. Les résultats sont disponibles au format pdf.
L’intégration et la confiance des Français
L’Ifop publie les résultats d’un sondage réalisé pour Ouest France Dimanche sur l’état d’esprit des Français (échantillon de 974 personnes, méthode des quotas, interviews par téléphone du 17 au 18 décembre 2009).
Le document est disponible au téléchargement en pdf; on y apprend que 65% des Français ne font pas confiance au gouvernement pour l’intégration des personnes isssues de l’immigration (37% pas confiance du tout, 28% plutôt pas confiance), et seulement 34% des interviewés font confiance au gouverment pour cette intégration. Lire la suite
L’IFOP informe sur l’Islam de France
Quelques jours après la parution du rapport sur les catholiques de France, l’IFOP fournit un nouveau document: une enquête sur l’implantation et l’évolution de l’Islam de France. Il s’agit là aussi du résultat d’un cumul d’enquêtes effectuées entre 2005 et 2009 et d’enquêtes historiques.
On découvre dans ce document une carte de la répartition géographique des musulmans en France, qui confirme la présence dans l’Est de la France ainsi que dans les départements industrialisés et urbanisés (région parisienne, région de Lyon par exemple). La répartition socio-démographique fait apparaître une surreprésentation des jeunes, des hommes, et des catégories populaires ou "autres inactifs". Un éclairage de la pratique religieuse (forte dans l’ensemble, 33% se disent pratiquants contre 16% de catholiques) est également fourni. Enfin, le rapport se termine par un "focus sur les femmes" (question du voile, du mariage avec un non-musulman, de valeurs morales). Très intéressant, mais attention, le document est lourd et long à charger.
Note du 6 sept. 2009: un intéressant commentaire de ces chiffres se trouve sur le site Religioscope.